Regard sur quelques anciennes expositions
Les Nouveaux Voyages extraordinaires
4 mars - 27 mai 2006
Coproduction : Centre Jules Verne d’Amiens et Association Handi Cap Évasion.

18 panneaux présentaient en parallèle les aventures des héros des romans de Jules Verne et les exploits d'une équipe de l'association Handi Cap Évasion qui a gravi les sentiers escarpés de la vallée du Khumbu au Népal jusqu'au camp de base de l'Éverest, à 5 200 m d'altitude.
Cette exposition a été l'occasion d'illustrer le partenariat qui existe entre le Centre Jean Giono et l'association Handi Cap Évasion 04 depuis 1998.
Jean Giono, Lucien Jacques, une amitié en poésie
Exposition littéraire et artistique - 4 février - 8 avril 1995

Lucien Jacques vivait « en état de poésie » selon le mot de Léon-Paul Fargue. « État qui ne consiste pas nécessairement à écrire des poèmes, mais à sentir et agir constamment en poète, à déceler et exalter le merveilleux ou le pathétique de la vie, les beautés du monde, les valeurs humaines », écrivait Charles Vildrac. Tous ceux qui rencontrèrent Lucien jacques témoignent combien, en sa présence, la moindre réalité devenait enchantement. Or, ce don de sublimer le quotidien, Lucien Jacques, de son côté, le décela immédiatement chez celui qui n'était alors qu'un inconnu, Jean Giono.
À la lecture d'un de ses poèmes, parus dans une revue marseillaise, La Criée, il reconnut en Giono « un grand parmi les grands ».
Ces deux sensibilités n'étaient-elles pas prédestinées à se rencontrer et s'exalter dans une amitié des plus rares ? Amitié profonde qui fut vraiment une amitié « en poésie » : dans la passion fervente pour la littérature et les arts, dans la reconnaissance et la célébration des « vraies richesses » de la vie et de la royauté insoupçonnée des êtres en harmonie avec la terre et les saisons, dans l'enthousiasme de nombreuses entreprises et créations communes, dans la croyance au pouvoir magique de la parole sur le monde, dans le plaisir ludique du langage, dans l'humour, le rire, la fantaisie.
N'était-il pas naturel de débuter l'année du centenaire de la naissance de Giono par une exposition qui célébrât cette amitié, et fit mieux connaître l'artiste talentueux qu'était Lucien Jacques, ainsi que son rôle dans la carrière littéraire et dans la vie d'un des plus grands écrivains de ce siècle ?
Annick Vigier
Directrice du Centre Jean Giono
Pour célébrer le poète Lucien JACQUES
Exposition littéraire et artistique et réédition de Tombeau d’un berger
24 avril - 20 novembre 1999

« Pourquoi le dire au pluriel ? J'ai un ami, c'est Lucien Jacques », disait Jean Giono. Cet être exceptionnel était doué de multiples talents : dessinateur, peintre, subtil aquarelliste, graveur, tisserand, berger, danseur (il fut le secrétaire d'Isadora Duncan !), éditeur et poète. C'est au poète que le Centre Jean Giono rendit hommage en 1999 par la réédition de Tombeau d'un berger (recueil de poèmes écrits et édités par Lucien Jacques en 1954 aux Editions de l'Artisan), à l'occasion de son exposition intitulée « Pour célébrer le poète Lucien Jacques ».
Tombeau d'un berger fut écrit par Lucien Jacques à la mémoire de son ami berger Justin Nègre, avec qui il garda les moutons entre 1939 et 1944, au Contadour. Le jour des noces de Justin Nègre à Montjustin, petit village du Luberon, alors presque en ruines, Lucien Jacques eut le coup de foudre pour une maison qu'il acquit immédiatement. Un an plus tard, Justin Nègre mourait. Ce sont deux artistes vivant à Montjustin que nous avons choisi pour collaborer à la réédition de l'ouvrage de Lucien Jacques : Luc Gerbier, qui a accompagné par des aquarelles les poèmes de Lucien Jacques et Lucienne Desnoues, qui en a écrit la préface.
Pourquoi avoir tissé ce « réseau » montjustinien, du berger Justin Nègre aux poètes et au peintre ? Parce qu'une profonde amitié lie depuis longtemps tous ces personnages, et que leur art, qu'il soit poésie, peinture, ou art de vivre, participe d'une même ferveur pour ce que Giono nommait « les vraies richesses » de l'homme.
Luc Gerbier connut Lucien Jacques par son grand-père, Charles Vildrac, et le suivit, enfant et adolescent, pendant ses courses dans les collines de Montjustin, pour le plaisir de l'écouter et de le regarder peindre. Lucienne Desnoues fit également sa connaissance par l'intermédiaire de Charles Vildrac en 1946. Sa préface nous apprend comment s'ouvrirent grand « les portes du beau pays sec », grâce à l'affection généreuse du peintre-poète.
Lucienne Desnoues demeura à Montjustin jusqu'à son décès en 2004. Luc Gerbier y vit toujours. Tous deux choisirent ce village, comme Lucien Jacques, pour sa lumière et ses horizons prodigieux, pour sa solitude, son silence et cette atmosphère impalpable de poésie qui y règne, loin des modes et des spéculations stériles. Un lieu à la fois retiré du monde et ouvert à tous les passants sensibles à sa beauté. Cet enracinement dans les hautes terres provençales leur est nécessaire pour épanouir leur art : poésie ou peinture, il est d'abord célébration du monde naturel, interrogation sur le destin de l'homme, « vertige devant l'étoile ». C'est pourquoi les aquarelles de Luc Gerbier ne représentent ni moutons ni bergers ni lavandes. C'est qu'il s'agit ici non de pittoresque ou d'anecdotique, mais d'humanisme. Le lyrisme de Lucien Jacques, « toujours surpris par la beauté des choses », comme disait de lui Jacques Prévert, est ainsi soutenu et merveilleusement amplifié, sublimé, par la parole de ses amis, grands enchanteurs s'il en fût.
Suite à l'hommage rendu en 1995, l'exposition « Pour célébrer le poète Lucien Jacques » et la réédition de Tombeau d'un berger contribuèrent, nous l'espérons, à sortir de l'ombre celui qui se soucia davantage de danser sa vie et de ravir l'âme et le cœur des lecteurs que d'assurer la postérité de son œuvre.
TOMBEAU D'UN BERGER
Poèmes de Lucien Jacques accompagnés d'aquarelles de Luc Gerbier
Préface de Lucienne Desnoues
21 x 21 cm, 72 pages, 12 aquarelles originales,
Coédité par les Alpes de Lumière et le Centre Jean Giono © 1999
(en vente au Centre Giono).
Le parcours scénographique « Que ma joie demeure »

" Que ma joie demeure " propose un parcours scénographique à partir du célèbre roman de Giono paru en 1935, livre-mythe, parabole lyrique de la quête de la joie. Huit épisodes essentiels ont été choisis pour entraîner le visiteur dans l'atmosphère magique du livre. Ils sont mis en scène, en huit décors, créés par des artistes plasticiens, peintres, vidéastes, photographes.
Guidé par la diffusion sur baladeurs individuels de textes sélectionnés dans le roman et dits par des comédiens dans un environnement sonore et musical, le visiteur, en passant d'une scénographie à l'autre, suit ainsi la montée symphonique vers la joie qui s'épanouit dans le roman avant la redescente tragique.
Pourquoi le choix de ce roman de Jean Giono ?
Parce qu'il est un " message " d'espérance à la fois social et spirituel, essentiel à entendre, nous semble-t-il, en ce début de nouveau millénaire. Et pourtant, la fin du roman est tragique - la conscience que Giono avait de son temps l'explique en partie : l'écriture se situe entre février 1934 et janvier 1935 !
Mais c'est l'espoir de " changer la vie " que retiennent bien souvent les lecteurs, et Giono écrivait lui-même à propos de ce roman dans son journal en 1935 : " Je compte bien qu'il apportera avec lui la joie véritable ". Ce " projet d'établissement de la joie " émut des centaines de contemporains de Giono, au point qu'ils vinrent voir l'écrivain à Manosque et voulurent recréer avec lui l'univers du roman : ce fut l'aventure du Contadour, de 1935 à 1939.
Sur ce plateau solitaire du Contadour, des fervents de l'œuvre gionienne "en quête de paix fraternelle et d'humaine amitié", se retrouvèrent plusieurs fois par an autour de l'écrivain, désireux de connaître avec lui ces "vraies richesses" que Bobi apporte aux habitants du plateau Grémone : celles que l'homme trouve dans l'ivresse dionysiaque, dans les gestes naturels, dans le partage, dans la liberté et le refus des valeurs de la société capitaliste, dans "la passion pour l'inutile", c'est-à-dire le sens de la beauté "gratuite" des choses et l'ouverture à la parole poétique.
Les séjours au Contadour furent brutalement interrompus par la déclaration de guerre en 1939. Là aussi, l'espoir se brisait. Mais les lecteurs de Giono ne s'étaient pas mépris. Que ma joie demeure est bien un " livre-remède ", non un rêve stérile mais une utopie féconde et créatrice d'action. Bobi, au moment de mourir, sait qu'il a échoué, mais aussi que sa quête était juste. Car l'artiste pour Giono est toujours "à l'avant-garde", "découvreur de nouvelles terres libres", et il a une mission : "il doit être un professeur d'espérance".
Sur une idée originale d'Annick Vigier, exposition conçue par Annick Vigier , Catherine Mortier et Olivier-Laurent Girard.
Ont collaboré à sa mise en place :
- Francis Helgorsky, photographe
- Stéphanie Tétu, photographe
- Françoise Gabella, plasticienne
- Michel Schneider, vidéaste
- Serge Graille, éclairagiste
- Léo Mérie, ingénieur son
- Henri Mérou, graphiste
- Maurice Petit, comédien
- Alain Baughil, comédien
- Sabra Ben Arfat, comédienne
- Jean-Pierre Yvars, comédien
- Patrick Garnier, peintre
- Hélène Bensoam, scénographe
- Toute l'équipe du Centre Jean Giono, et Isabelle Venturini.
Nous remercions également les artistes : Serge Fiorio, François-Xavier Emery, Luc Gerbier, Olivier-Laurent Girard pour l'autorisation de reproduction de leurs oeuvres, et la bibliothèque d'Avignon, pour celle du manuscrit.





