EXPOSITIONS EN COURS
Au Centre Jean Giono
Le voyage de Jean Giono à Marseille
jusqu'au printemps 2012

A la vie grouillante et inhumaine des grandes villes, Jean Giono préférait la civilisation paysanne, la paix et la solitude de son haut pays provençal. Souvent les évocations de Marseille dans son œuvre (notamment dans Le Poids du ciel et Triomphe de la vie) ne sont guère flatteuses. Mais cette ville, où il fait de nombreux séjours, le rebute et le fascine à la fois. Ainsi, dans Noé (1947), récit pour lequel avait été choisi au départ, entre autres titres, Noé ou le voyage à Marseille, l'imaginaire de l'écrivain enchante l'espace urbain, en surimprimant à une réalité des plus prosaïques, le merveilleux, le romanesque et « le romantisme des temps disparus »...
Le récit est censé nous rapporter un voyage que fit Giono à Marseille à l'automne 1946, pour se libérer de l'emprise des personnages de son dernier roman à peine achevé, Un roi sans divertissement. Mais l'écrivain ne cesse de confondre les temps, de superposer les espaces, réels ou rêvés. Aux évocations des rues où il "vadrouille" se mêlent des rêves, des souvenirs d'autres séjours (comme celui qu'il fit au fort St-Nicolas en septembre 1939, pour avoir signé des tracts pacifistes); ou même « une réalité d'il y a cinquante ans », celle de magnifiques domaines dont « la Mémé » Pelous lui raconte l'histoire. Si bien que les « frondaisons imaginaires » de ces parcs disparus finissent par recouvrir les façades des maisons, les boutiques, tout le quartier du boulevard Baille qui devient « forestier » !
De même, à côté de ses amis bien réels, les Pelous, ou de passagers d'un tramway dont il imagine simultanément les trajets à pied dans Marseille, Giono rencontre les héros de ses propres romans : Angelo le hussard, qui lui apparaît deux fois comme « un épi d'or sur un cheval noir » ; Adelina White, l'héroïne de Pour saluer Melville, qui converse avec l'écrivain dans un trolleybus ou apparaît rue Sainte-Cécile pour l'entraîner dans sa quête stendhalienne d'une « chartreuse »...
Laissez-vous donc désorienter avec délice en suivant Giono dans ses balades inspirées, dans ses inventions d'illusionniste malicieux, pour lequel la réalité ne peut être qu'intérieure et « magique »...
Sylvie Durbet-Giono, présidente du Centre J.Giono
Annick Vigier, directrice du Centre Jean Giono
Renseignements
Commissaire de l'exposition : Annick Vigier
Textes : Jean Giono
Scénographie et Sons : Renaud Manos
Voix : Maurice Petit
Photographies : François-Xavier Emery
Partenaires : Communauté de communes Luberon Durance Verdon / Conseil général des Alpes de Haute Provence / Conseil régional Provence Alpes Côte d'Azur





