EXPOSITIONS EN COURS
Au Centre Jean Giono
Giono à Venise
jusqu'au printemps 2011

"Je ne suis pas un voyageur, c'est un fait" : c'est sur cette déclaration provocante que s'ouvre le Voyage en Italie. Giono, effectivement, est un casanier, un "voyageur immobile" comme il se désignait lui-même. Il se décide pourtant, en octobre 1951, à 56 ans, à partir vers la patrie de son père et de son grand-père, territoire intérieur fécondé dès l'enfance par les récits paternels, les rencontres d'émigrés italiens à Manosque, puis par la lecture de Dante, de l'Arioste, de Machiavel, et de Stendhal, qu'il lit et relit avec passion. De là naquirent nombre d'histoires et de personnages romanesques, dont Angelo, héros du Hussard sur le toit laissé par Giono "aucomble du bonheur" au moment où il franchissait la frontière pour retrouver sa patrie. Six mois plus tard, désireux de connaître réellement ces leix investis depuis toujours par son imagination, l'écrivain lui-même entreprend son premier voyage vers ce pays qui faisait se lever en lui "des mélancolies".
Ce voyage que fait Giono, en 4 CV décapotable, avec sa femme Elise et un couple d'amis, est plein d'insouciante gaieté et de fantaisie et les conduit de Turin jusqu'à Florence, avec de nombreuses étapes, dont Venise.
Or, Venise, Giono ne voulait pas s'y arrêter ! Trop de clichés romantiques attachés à ce lieu, trop de littérature aussi ! Il va pourtant y consacrer un chapitre entier (50 pages, le plus développé de tout le récit), et y reviendra à plusieurs reprises, parce qu'il y aura goûté des moments d'intense bonheur. Un bonheur qui "n'est pas automatiquement créé par la beauté", écrit-il. On ne trouvera dans le récit du séjour à Venise aucune évocation des lieux attendus, des musées, des monuments prestigieux. Giono n'est pas un pèlerin d'art. Ce qui lui importe, c'est de capter, au cours de ses flâneries, des sensations, des impressions, des émotions, de petits miracles qui donnent à l'existence sa saveur poétique. Et de regarder vivre les Vénitiens, avec une tendresse amusée et complice. Or, dans cette ville "à demi-noyée, autour de laquelle rien n'émerge", où il lui semble entrer dans une autre dimension de l'espace et du temps, l'écrivain découvre un art de vivre qui fait de la mélancolie et de la lenteur une volupté, et qui utilise le jeu, le théâtre, le mensonge pour enchanter la réalité et mieux en jouir.
Le portrait que nous donne Giono de l'âme vénitienne, douée d'une "intelligence merveilleuse pour aller au bonheur", c'est celui de l'artiste par lui-même, bien sûr !
Suivons-le ...
Ce parcours scénographié avec décors, photographies et montage sonore, ouvrira sur un partenariat avec les "Correspondances de Manosque", avec le comité de jumelage de Voghera et avec l'association "Eclat de lire".
Renseignements
Commissaire de l'exposition : Annick Vigier
Textes : Jean Giono
Scénographie et Sons : Renaud Manos
Voix : Maurice Petit
Photographies : François-Xavier Emery
Partenaires : Communauté de communes Luberon Durance Verdon / Conseil général des Alpes de Haute Provence / Conseil régional Provence Alpes Côte d'Azur / Direction régionale des Affaires culturelles





